Le sorceleur (intégrale) d’Andrzej Sapkowski

Envie d’un monde de fantasy proche de la dystopie ? Où les humains côtoient des monstres et des créatures bien plus anciennes qu’eux ? Alors le Sorceleur est fait pour vous ! Pas encore convaincu ? Le pavé qui s’en vient parviendra peut-être à vous convaincre.

Le sorceleur saga intégrale
📘 Le Sorceleur, intégrale (7 tomes) d’Andrzej Sapkowski aux éditions Bragelonne
📸 Julie – Echo des Mondes

Le sorceleur – Résumé

Geralt de Riv est un personnage étrange, une bizarrerie de la nature, un mutant qui, grâce à la magie et à un long entraînement, mais aussi grâce à un mystérieux élixir, est devenu un meurtrier parfait. Ses cheveux blancs, ses yeux nyctalopes et son manteau noir effrayent et fascinent. Il parcourt des contrées pittoresques en gagnant sa vie comme chasseur de monstres. En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contre ces menaces, il faut un tueur à gages à la hauteur. Car Geralt est plus qu’un guerrier ou un mage. C’est un Sorceleur. Il est unique.

Au cours de ses aventures, il rencontrera une autoritaire mais généreuse prêtresse, un troubadour paillard au grand cœur, et une magicienne capricieuse aux charmes vénéneux. Amis d’un jour, amours d’une nuit.
Mais au bout de sa quête, peut-être pourra-t-il prononcer son dernier vœu : retrouver son humanité perdue…

Informations sur l’édition

🇵🇱 Ostatnie zyczenie (1993 – 1999)
🔖 Editions Bragelonne (2019)
📚 Saga en 7 tomes

📕 Couverture du tome 1 du Sorceleur aux éditions Bragelonne

Le sorceleur – Avis

When a humble bard Graced a ride along With Geralt of Rivia Along came this song…

The Witcher, Saison 1, Netflix

Hophophop, on rembobine ! Avant l’adaptation par Netlfix et cette ballade devenue culte ; avant même les jeux vidéo non moins connus ; se trouvaient 7 romans. Deux de nouvelles et cinq d’intrigues.

Une saga riche et une narration inimitable !

Une saga titanesque

Andrzej Sapkowski a construit un monde de fantasy unique et particulièrement riche. Un monde avec sa mythologie propre, faisant des mélanges entre les mythologies slaves, nordiques, antiques, mais aussi les contes et légendes. Tout y est développé. Particulièrement la politique : de nombreux pays, des dirigeants, des conflits, des machinations. L’ensemble crée des longueurs, parfois soporifiques, mais surtout, au fil des tomes cela devient rébarbatif.

Heureusement, les héros sont particulièrement plaisants à suivre. En permanence, nous voulons savoir ce qu’ils deviennent. Les focus sur la politique en sont d’autant plus exaspérants ! Ils volent la vedette aux intrigues que j’ai pris le plus de plaisirs à suivre. De nombreux fils commencent à être tiré par l’auteur, mais restent en suspens. Ils se font ensuite avaler dans la masse des événements et des rebondissements.

Néanmoins, la véritable richesse de la saga est les nombreuses intrigues et fils qui s’imbriquent pour former l’histoire. Une histoire qui pose des questions essentielles de société : les discriminations, les mutations des espèces, la recherche de sens au sein du monde en évolution, le féminisme, la préservation de la nature et de la faune qui y vit.

Une lecture qui se mérite

Pour le dire une bonne fois pour toutes et passer à ce qui est vraiment bon dans cette fiction, je dirais que Le Sorceleur est une saga qui se mérite. Il faut s’accrocher et persévérer. Les fils sont nombreux, des longueurs régulières viennent ralentir l’histoire, les chapitres sont d’une longueur assez incroyable. La narration peut paraitre instable, mais c’est aussi une des forces de l’auteur.

La saga m’a accompagnée de février à septembre, et malgré mes nombreuses plaintes sur les longueurs des romans, il ne m’est jamais venu à l’esprit d’abandonner ma lecture. Je n’étais pas spécialement attiré par ce monde, mais plutôt très attaché au trio de protagonistes, intriguées par les techniques narratives déployées par l’auteur, et surtout je voulais vraiment connaitre le fin mot de l’histoire !

La narration, un travail renouvelé à chaque tome

Les techniques narratives de l’auteur sont troublantes. Il prend un malin plaisir, à chaque livre, à inventer quelque chose de différent. Débutant la saga par des recueils de nouvelles à l’écriture somme toute classique ; il prend dans le récit (de l’intrigue principale) un plaisir évident à essayer des choses ; à mailler les intrigues, les personnes et les lieux. J’ai été particulièrement impressionnée par des mises en scène du dernier tome (je n’en dirais pas plus pour ne pas spoiler).

Outre cela, que ce soit dans les nouvelles ou dans le récit, l’oralité tient une grande place : beaucoup de dialogue, des tendances au monologue, des histoires racontées ou rapportées. Cet aspect est d’ailleurs approfondi avec Jaskier le troubadour et les différents lettrés qui prennent parfois le relais. En bref, des techniques narratives plaisantes, qui n’installent pas de monotonie et qui sont percutantes !

Andrzej Sapkowski semble particulièrement à l’aise lors des passages avec Geralt, Yennefer et Ciri. Mais outre ce trio, les personnages sont variés, certains très attachants et créent une belle dynamique ! Mention spéciale pour la troupe hétéroclite qui se crée autour de Geralt dans les derniers tomes.

Les nouvelles : une introduction à la vie de Geralt

Dans les nouvelles, Andrzej Sapkowski pose les bases du héros. Celui que l’on considèrera (à tort) comme le héros de la saga.

En deux tomes, c’est un total de 12 nouvelles qui sont développées. Nous en apprenant plus sur Geralt, la vie de sorceleur, les rencontres qui l’ont plus ou moins marqué. Posant également certaines bases de l’intrigue politique.

Les nouvelles du premier livre sont liées par un fil conducteur : « La Voix de la Raison ». J’ai vraiment adoré ses passages, qui permettent de tisser les nouvelles, plus ou moins chronologiquement. Elle permet une rencontre avec la part « humaine » de Geralt

Pour l’ensemble des nouvelles, Andrzej Sapkowski puisse l’inspiration dans les contes : Blanche-Neige, La Belle et la Bête, le Génie de la lampe, la Petite Sirène. Il produit une satire de la société du pouvoir et une critique autour de la ruine de la nature et de l’extermination des espèces par l’homme.

Petit florilège de mes nouvelles favorites :

  • « Un grain de vérité » et « Une question de prix » où l’on sent l’inspiration La Belle et La Bête ;
  • « Le Dernier Vœu » qui marque la rencontre de Geralt, Jaskier et Yennefer ;
  • « Éclat de glace » sur la relation de Geralt et Yennefer ;
  • « L’Épée de la Providence » où Geralt rencontre Ciri ;
  • « Quelque Chose en Plus » à l’ambiance plutôt psychédélique.

Les romans : la vie de Ciri

Développer et construire le monde

Après avoir rencontré l’ensemble des personnages principaux et posé les bases de son intrigue avec les nouvelles ; Andrzej Sapkowski change de forme pour opter pour le roman. Cette forme permet de développer et de construire le monde.

L’oralité reste de mise ; mais au fur et à mesure, la plume s’affute, se fait audacieuse, crée des ruptures de rythme ; proposant des narrations intrigantes et originales. Certains tomes nous surprennent, sont pleins de rebondissements. Passer d’un tome à l’autre est également surprenant, car l’auteur joue avec nous.

Régulièrement dans l’évolution de l’intrigue ; des coupures sont faites pour laisser place à d’ennuyeux passages politiques. Leur seule réussite : me perdre dans la prolifération de personnages et d’événements et m’assommer d’information dont on pourrait se passer.

Malgré des longueurs fréquentes, je n’ai pas songé une minute à stopper ma lecture de cette saga. J’étais bien trop intriguée par les événements, les personnages, les techniques narratives ! En un mot, j’attendais de connaitre le dénouement !

Trois tomes qui sortent du lot

Contrairement à ce que laissent entendre les nouvelles, le vrai héros de l’histoire n’est pas Geralt, mais bien Ciri. Et nous la rencontrons concrètement dès le tome 3 « Le Sang des Elfes ». On l’a suit dans son apprentissage du métier de sorceleurs à Kaer Morhen ; dans sa transition vers la magie. Dès la fin ce premier tome d’intrigue, nos protagonistes se retrouvent séparés. De là une seule envie nous taraude : retrouver notre bande, ensemble.

Le meilleur tome est, pour moi, « Le Baptême du Feu ». Un tome bien plus fluide que d’autres ; avec une bonne dose d’humour. On y voit évoluer Geralt, devenir plus humain encore. Ciri et Yennefer y font quelques apparitions ; mais surtout des personnages très prometteurs sont introduits. Ces nouveaux venus autour de Geralt et Jaskier forment une trouve hétéroclite et surprenante. Ce tome garde tout son mystère et donne très envie de poursuivre la découverte !

Le dernier tome « La Dame du Lac » relance tout. Le début surprend ; des passages sont suspendus comme hors du temps. Enfin, nos trois protagonistes sont réunis pour faire table rase du passé. La fin est à la fois tragique et belle. Et quitter ce monde crée un petit pincement au cœur !

The Witcher : Une adaptation à l’écran qui a créé l’envie de lire les romans

Pour conclure cette chronique, je dirais juste que j’ai découvert cette saga grâce à la série The Witcher (Netflix). Sans cette adaptation des premiers tomes (nouvelles), je ne me serais jamais penchée sur cette saga, pourtant tête de gondole. Le Sorceleur a su me réconcilier avec les romans de Fantasy !

Mon seul regret, que la chanson du barde ne soit pas issue de l’histoire originale. Elle correspond tellement bien à l’ambiance qu’on pardonne cette liberté tellement bénéfique à la série télévisée ! 

As-tu aimé cet article ?

5 / 5. 1

😢

Que dois-je améliorer ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!