Sur les traces de Jehanne Jean-Charles

Il est de ces auteur(e)s dont on n’oublie pas la découverte. Ma découverte de Jehanne Jean-Charles, remonte au cours de français de mon année de seconde générale. Une professeure avait eu la riche idée de nous faire lire le début d’une nouvelle horrifiante, nous invitant à en inventer la suite. Des suites qui souvent étaient bien plus tragiques et trash que la fin originale.

Cette nouvelle, c’était Une Méchante Petite Fille. Une nouvelle qui m’a hanté pendant plusieurs années, avant d’enfin pouvoir lire dans sa totalité le recueil duquel elle est issu.

recueils de nouvelles de Jehanne Jean Charles
📚 Recueils de nouvelles par Jehanne Jean-Charles, Les Plumes du Corbeau et Vous Avez Dit Horrible ?
📸 Julie – Echo des Mondes

Une auteure méconnue

Jehanne Jean-Charles est une femme mystérieuse. D’elle, Wikipédia et divers autres sites proposant sa biographie, ne savent que bien peu de choses. Elle est la sœur de l’écrivaine Françoise d’Eaubonne ; l’épouse de l’humoriste Jean-Charles. Décédée en 2019, elle n’est pas de ses auteures qui sont commémorées et valorisées au moment de leur mort. Et c’est pourtant bien dommage car son œuvre mérite d’être découverte.

Jehanne Jean-Charles a écrit peu. Elle est l’auteure d’une quinzaine de titres ; principalement des nouvelles, rassemblées en recueil, et de romans. Des livres que l’on trouve quasi exclusivement sur les étales des anciennes librairies et dans les cartons des foires aux livres. Son style s’inscrit dans les pas des maitres anglo-saxon d’Egard Poe, de Ray Bradbury et de Saki.

Qui est Jehanne Jean-Charles ?
Jehanne Jean-Charles aime tous les animaux, sauf les chenilles.
Tous les humains même les plus imbéciles. Elle dit que le reste n’a pas d’importance.

Par deux fois des nouvelles dont elle est l’auteure ont été adapté au cinéma. En 1972, la nouvelle dont je parlais en début d’article : Une Méchante Petite Fille ; et en 1973, la nouvelle Le Bonheur d’Etre Père.

Un style unique

Depuis 2011, j’ai eu la chance de mettre la main sur deux recueils de nouvelles de Jeanne Jean-Charles. Deux recueils qui m’ont permis de découvrir plus en profondeur son style : cruel, à la frontière du fantastique et de la folie.

Les Plumes du Corbeau et Autres Nouvelles Cruelles (1962)

Premier recueil que j’ai eu l’occasion de lire, et non des moindres. Comme le titre l’indique la cruauté est au rendez-vous. Probablement trop même, car j’ai du m’y prendre à plusieurs fois, et à plusieurs années d’intervalles, avant d’enfin parvenir au bout de celui-ci.

Des nouvelles qui se situent quelque part entre rêve et réalité. Il est d’ailleurs peu évident de faire la part des choses entre les deux… Les événements semblent flottant, de même que les personnages. Des personnages qui ont une ambivalence insaisissable. Il est extrêmement complexe de situer leur âge. Des jeunes paraissent vieux. Des vieux paraissent jeunes.

Aussi, il devient inévitable que certains titres se trouvent être incompréhensibles, plongeant le lecteur dans la confusion.

Les plumes du corbeau est entièrement porté par son titre phare : « Une Méchante Petite Fille ». Un nouvelle cruelle qui nous emporte sur les traces de la folie d’une jeune fille, qui commet l’irréparable sans sourciller.

Vous avez dit horrible ? (1980)

Quelques 18 années après « Les Plumes du Corbeau », Jehanne Jean Charles a publié un second recueil de nouvelles. Si la cruauté de celles-ci est moins impactante, il n’en reste pas moins que l’auteure a une aisance indéniable pour décrire des scènes dérangeantes. Un recueil légèrement en demi-teinte, avec du bon et du moins bon : proposant des nouvelles incroyables et à contrario, certaines sont tout simplement incompréhensibles.

Si dans « Les plumes du Corbeau » une seule nouvelle porte l’ensemble du recueil, ici le niveau est plus homogènes. « Vous avez dit horrible » propose tout un panorama de nouvelles qui savent faire frissonner et surprendre le lecteur. Trois récits ont été particulièrement impactant : « Le départ de Sébastien », « Le Bol à Fleurs » et « Piano et Violon ».

Jeanne Jean-Charles a vraiment quelque chose de fascinant dans sa manière d’aborder le récit, et surtout dans sa manière de le conclure. Son talent est sans doute de conclure les nouvelles sur quelque chose de tour à tour choquant ou surprenant. De plus, elle joue a merveille sur les doubles interprétations. Des doubles interprétations maitrisées à la perfection car l’ensemble reste très cohérent.  

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