Contes, légendes et mythes du Japon

Les contes et légendes font vivre chaque pays. C’est particulièrement vrai au Japon, où le folklore transparait derrière chaque action du quotidien. Alors entre contes pour enfants et légendes terrifiantes, arrêtons-nous sur les mythes toujours très actuels, qui donnent vie aux croyances de ce peuple insulaire. 

La mythologie d’un pays rassemble l’ensemble de ses contes, légendes et créatures associées. Comme chaque tradition orale, ils prennent vie différemment et plusieurs versions peuvent cohabiter.

photo illustrative japonaise en tenue traditionnelle au milieu d'une forêt de bambou
📸 Photo de Ian Pham sur Unsplash

De l’origine des mythes

Les mythes, contes et légendes japonais tirent leur origine des croyances dominantes du pays : le shintoïsme et le bouddhisme. Le polythéisme et l’animisme jouent donc un grand rôle dans leurs conceptions.

Au cœur des croyances : le caractère sacré de la nature et de tout ce qui peuple la planète. La tradition animiste est parfaitement représentative de ce type de pensée. En effet, cette tradition attribue un esprit et/ou un pouvoir en chaque chose unique, sortant de l’ordinaire.

Les mythes, contes et légendes fondateurs du Japon remontent au début de la religion Shinto et jusqu’au Moyen Âge japonais. Ils sont inspirés des poèmes épiques, de faits d’armes célèbres ou encore d’aventures de moines bouddhistes et de personnes de rang élevé de la Cour Impériale.

Ces mythes japonais qui trouvent leurs origines dans le shintoïsme sont rassemblés dans le Kojiki. Le Kojiki est le plus ancien recueil de mythes, de légendes et d’histoires du Japon. Les Fudoki, Hotsuma Tsutae et Nihon Shoki rassemblent également des versions (relativement différentes) de la mythologie. Le folklore japonais s’est également vu influencé par l’étranger. Notamment par l’Inde, la Chine, le Tibet, la Birmanie et la Corée. La légende Son Goku, parmi les plus connus, est importée de Chine. Il sagit d’un grand classique de la littérature chinoise : Le Voyage en Occident.

La mythologie japonaise est ancrée dans l’Histoire japonaise, parvenant même à expliquer l’origine de la famille impériale. Pour l’anecdote, la famille impériale japonaise a été considérée comme d’ascendance divine jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le petit point vocabulaire

  • Shintoïsme : est un ensemble de croyances datant de l’histoire ancienne du Japon, parfois reconnues comme religion. Elle mêle des éléments polythéistes et animistes. (Wikipedia)
  • Bouddisme : Religion et philosophie se réclamant de l’enseignement du Bouddha qui, bien que fidèle pour l’essentiel à la pensée du fondateur, s’est diversifié dans l’espace asiatique au cours des temps. (Larousse)
  • Polythéisme : Religion admettant l’existence de plusieurs dieux. En opposition au monothéisme (Wiktionary)
  • Animisme : Système de pensée qui considère que la nature est animée et que chaque chose y est gouvernée par une entité spirituelle ou âme. (CNRTL)

Un mythe fondateur au cœur de la famille impériale

De la création du Japon

Attention, mythe très simplifié ci-après.

À l’origine du monde, et des îles du Japon, les kamis Izanagi et Izanami. Lors de la naissance d’enfants kami, Izanami perd la vie et se retrouve aux enfers. Izanagi part à sa recherche. Sur le chemin du retour, Izanagi ne peut plus attendre et regarde Izanami réduite à l’état de cadavre, car ayant consommé de la nourriture de ses terres. Elle se retrouve prisonnière des enfers, et devient la déesse de la mort.

Un mythe qui n’est pas sans rappeler la mythologie grecque. Particulièrement le voyage d’Orphée aux enfers pour sauver Eurydice et la perdant une seconde fois ; et de Perséphone, forcée de demeurer aux enfers après avoir mangé un fruit.

Izanagi sort dans la précipitation des enfers et en bloque l’accès avec un rocher. En se lavant des enfers, Izanagi donne naissance à Amaterasu, Susano et Tsukuyomi.

Plusieurs légendes impliquant ses nouveaux kamis existent. Nous retiendrons ici qu’Amaterasu est l’ancêtre mythique des empereurs japonais. Amaterasu envoie Ningi prendre possession de l’archipel japonais, dont le petit fils devient le premier empereur, au VIIe siècle avant J.C : Jinmu.

Le point vocabulaire

  • Kami : Au Japon, nom générique donné à des divinités, à des ancêtres divinisés, des objets ou à des éléments naturels. (Larousse).

Le point biographie

  • Izanagi et Izanami : dieux et déesse de la création
  • Izanami : déesse de la mort
  • Amaterasu : déesse du soleil
  • Susano : dieu des tempêtes
  • Tsukuyomi : dieu de la lune

Jinmu, premier empereur du Japon et descendant d’Amaterasu

Comme plusieurs des premiers empereurs japonais, son existence n’est pas avérée et sa vie relève de la mythologie. En effet, tout ce que l’on sait de lui est issu du Kojiki.

Jinmu serait l’arrière-arrière-arrière-petit-fils d’Amaterasu. Il aurait d’ailleurs reçu d’elle 3 objets mythiques qui lui confèrent un pouvoir absolu sur le Japon.

  • Le Yata No Kagami, un miroir magique, permettant de voir toutes les îles du pacifique. Il symbolise la sagesse et la faculté de comprendre. Il aurait permis de faire sortir Amaterasu de sa retraite au fond d’une grotte ;
  • Le Kusanagi-no-tsurugi, une épée rituellement utilisée lors de l’intronisation des empereurs du Japon ;
  • Le Magatama, un collier qui permettrait d’accroitre la fertilité de la lignée. C’est un trésor utilisé lors du sacre des empereurs.

Ces trois objets sacrés seraient aujourd’hui cachés dans trois temples du pays. Les emplacements exacts seraient gardés secrets par la famille impériale depuis des générations. Les objets étant jalousement conservés à l’abri des regards et des tentatives de vols, peu de personnes peuvent se targuer de les avoir observés.

En savoir plus sur Izanagi, Izanami, Amaterasu et Jinmu

Les contes et légendes

Les contes et légendes japonais sont nombreux. Les plus connus se voient régulièrement diffuser sur les réseaux sociaux, sur les sites consacrés à la culture japonaise. D’une manière discrète, nous les rencontrons également dans les mangas et les œuvres populaires.

Ces dernières années, plusieurs recueils de contes ont été publiés en France.

  • « Histoire de Fantômes du Japon » et « Esprits et Créature du Japon », illustrés par Benjamin Lacombe d’après les récits de Lafcadio Hearn ;
  • « Fables et Légendes Japonaises » et « Créatures Fantastiques », écrites par Ippei Ostuka
  • Les mangas « Yokai Manga Histoires de Fantômes japonais » et « Contes Macabres du Japon »

Parmi les contes et légendes japonais les plus connus en France, nous pouvons compter :

  • Le conte de Son Goku et le voyage vers l’occident. Un conte bien connu, car point de départ des mangas Dragon Ball ou Sayuki.
  • Le conte d’Urashima Taro, le garçon qui a sauvé une tortue. Un personnage a nouveau très présent dans la culture shonen : YuYu Hakusho, Dragon Ball, One Piece, etc.
  • Le conte de Momotaro, le garçon pêche. À nouveau un personnage qui trouve largement une place dans les shonens.
  • Le conte de Yuki-Onna, la femme des neiges. Nous la retrouvons dans des mangas (notamment YuYu Hakusho), des films, des jeux vidéo …

Des êtres surnaturels : les yokai

photo illustrative yokai
📸 Photo de Finan Akbar sur Unsplash

Les contes et légendes sont peuplés de créatures variées : kami, yokai, obake, yurei, dragon et autres animaux aux pouvoirs surnaturels. Les kamis (déités) sont des esprits divins qui s’incarnent en un lieu, objet, personne ou animal ; dans tout ce qui tranche avec la banalité. Les Yokai, eux, peuvent représenter des esprits de moins grande influence, ou tout simplement des monstres. Ils sont des phénomènes étranges et équivoques. Ils sont présents, mais ne semblent pas appartenir à notre monde.

Les yokais sont partout. Ils sont cachés dans chacune de nos peurs, de nos ressentiments. Ils incarnent nos peurs, vices, craintes, blessures, mal-être et la personnification de nos rancœurs et de nos états émotionnels. Les plus connus d’entre eux sont :

  • Kitsune : esprit renard aux importants pouvoirs magiques et à l’intelligence supérieure. Plus le renard est vieux et puissant, plus il peut avoir de queues (9 étant le maximum). Ils sont polymorphes. 
  • Tanuki : esprit de la forêt, inspiré du chien viverrin. Il est un maitre des déguisements et change de forme à volonté.
  • Kapa : esprit des eaux, étrange hybride humanoïde mi-singe, mi-tortue, mi-grenouille. Il aime particulièrement manger les entrailles humaines et les concombres. Il sait apprécier la politesse, ce qui permet aux humains de le fuir en cas de rencontre.
  • Kuchisake Ona : femme à la bouche fendue, au cœur de nombreuses légendes urbaines.
  • Bakeneko : chat aux pouvoirs surnaturel. Il les acquiert au bout de sa 13e année ; ou en atteignant l’honorifique poids de 3,5kg.

Les yokai trouvent leurs origines dans le Moyen Âge japonais et évoluent avec la société, s’adaptant au monde, à la société. Ils sont les principaux protagonistes des légendes urbaines.

Ses êtres des ténèbres auraient pu disparaitre avec l’industrialisation et l’éclairage des rues ; les empêchants de proliférer et de se répandre dans les villes et villages. Leur destin a été tout autre grâce à la culture populaire et les mangas qui leur ont fait envahir le monde.

Le point vocabulaire

  • Yokai : Créatures surnaturelles du folklore japonais. Esprits, fantômes, démons, apparitions… Ils sont parfois malfaisants, parfois malicieux.

Mythologie, contes et légendes qui envahissent le monde

Les œuvres culturelles (romans, films d’animation, mangas) ont largement participé à la diffusion des contes, légendes, mythologies et autres yokai.

Le réalisateur des studio Ghibli, Hayao Miyazaki est très influencé par ces croyances. La plus évidente semble être Le Voyage de Chihiro qui dépeint un Japon mythique, peuplé d’esprits et de monstres. Dans Pompoko, il raconte les amusants tanuki. Princesse Monoke s’inscrit dans un univers animiste et empreint de références shintoïstes. Mon Voisin Totoro met en scène un esprit de la forêt, mi-chat, mi-panda.

Lafcadio Hearn, un écrivain irlandais qui a vécu de nombreuses années au Japon (dont il a acquis la nationalité), a recensé de nombreux contes et légendes de son pays d’adoption. Il est l’auteur, notamment, de Fantômes du Japon. Ses retranscriptions ont d’ailleurs été la base de diverses adaptations illustrées.

Les yokai se sont également largement exporté, notamment grâce au Dictionnaire des Yokai, une bible de plus de 500 pages écrit et illustré par Shigeru Mizuki.

Notre petit tour d’horizon des contes, légendes et mythes japonais touche à sa fin. Néanmoins, il reste encore énormément à dire sur la passionnante culture japonaise.

On se retrouve très bientôt pour un nouvel écho des mondes !

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